INTERIM

 

   JOB EXPERT FRANCE

Met à la disposition d'une entreprise agricole ou agroalimentaire pour une durée précise ( la mission ) un ou plusieurs travailleurs ayant une qualification déterminée par l'entreprise. Un contrat est passé entre l’entreprise et la société d’intérim L'intérimaire est salarié de la société d'intérim et non de l'entreprise. L'intérim est un prêt de main-d'œuvre. 

     Vecteur primordial de socialisation, voire de moralisation, le travail est communément considéré comme le fondement de l’identité sociale des individus. Cette conception, partagée par un grand nombre de chercheurs en sciences sociales et répandue au-delà même du monde académique, est au principe des appels à une « valeur travail » qu’il s’agirait de restaurer, sous peine de dissolution du lien social. À cette « valeur travail » unique, que nous considèrons comme un « artefact social », nous opposons la pluralité des modalités d’appréhension d’un travail conçu comme acte technique redevable d’une valorisation économique et inscrit dans une organisation sociale. Ce rappel des différentes dimensions du travail constitue l’amorce d’un projet par lequel nous entendons rompre avec les « schémas archaïques » qui y sont associés. 

 

Réintroduire le travail dans la production 

 

 La conception sociologique du travail comme facteur d’intégration sociale laisse de côté la matérialité. « Pour dire les choses brutalement, si on paye les gens, c’est pour qu’ils “produisent”.  Il n’en souligne pas moins un aspect du travail trop souvent négligé. Avant tout, le travail est un acte et un moyen de production et implique à ce titre une intervention sur la matière, la nature, l’environnement. Or, au moment où les possibilités de transformation de cet environnement sont plus importantes que jamais, le « rapport de symétrie »  entre l’homme et la nature est largement délaissé dans les réflexions sur le travail. 

La disparition de cette dimension matérielle du travail des réflexions qui le prennent pour objet se comprend tout d’abord en lien avec le développement d’activités rendant moins évident cet impact de l’activité humaine sur la nature – tertiarisation de l’économie, accroissement des médiations entre le travailleur et cet environnement qu’il transforme, etc. Parmi ces éléments, une place particulière à la question de l’automation, montre qu’elle a modifié le travail, bien au-delà des simples mécanismes de substitution de l’homme par la machine. Le concept de fluidité industrielle  permet de mettre en évidence que, dans des industries dont le modèle idéal-typique se trouve désormais moins dans l’industrie mécanique que dans l’industrie chimique, les segments productifs pouvant « normalement » se passer de toute intervention humaine sont de plus en plus nombreux. L’action ne vient alors que pallier d’éventuels dysfonctionnements de la machine et prend parfois la forme paradoxale de l’astreinte, dans laquelle le travail s’identifie à la seule disponibilité, et ne peut donc plus être pensé dans les termes de l’effort. De telles transformations ont contribué à l’obsolescence de perceptions du travail qui en font une dépense énergétique dont la conséquence se situerait aussi bien dans le registre naturel qu’humain. L’évanouissement du travail, le sentiment de sa « perte » ne sont finalement que le résultat de l’inadéquation grandissante des catégories usuelles de pensée avec la réalité contemporaine du travail. 

Moins redevable d’une analyse en termes de dépenses énergétiques, et son impact sur la nature devenu moins évident parce que moins direct, apuré en somme de sa matérialité et devenu une fin en soi (plutôt qu’un moyen de production), le travail serait le fondement du lien social.

Le travail, au cœur des interrogations scientifiques  

 

Au terme de ce parcours, c’est un concept de travail singulièrement modifié qui échoue sur les rivages d’une sociologie du travail naissante : assimilé à la seule dépense énergétique redevable d’une métrique simple, sa vocation ne semble plus guère être la production mais bien davantage la cohésion. L’histoire des réflexions scientifiques sur le travail apparaît ainsi comme celle de la réduction progressive de cette notion à un faible nombre d’aspects qui ne suffisent pas à en rendre compte globalement. S’esquisse ainsi, en filigrane, une histoire intellectuelle de la sociologie du travail, l’inscrivant dans une succession d’approches scientifiques du travail. Elle met en évidence comment le projet de cette sociologie du travail naît des difficultés rencontrées par ces disciplines à rendre compte du travail dans ses différentes dimensions et hérite en même temps de certains des concepts et notions qui ont été forgés en leur sein.